21 février 2007

Oeil de cheval!

Mais oui, un cheval peut avoir l'oeil qui frise, l'air coquin de celui qui se fiche gentiment de toi! Démonstration! Merci Monsieur Arthus-Bertrand! J'ai un faible également pour les yeux fous de ces superbes pouliches arabes: exorbités, le blanc de l'oeil très apparent strié de vaisseaux rouges, la fuite jusque dans le regard. Les bienheureux qui les monteront auront entre les jambes la souplesse inquiétante et insaisissable du serpent, la folie du vent de sable, la puissance... [Lire la suite]
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20 février 2007

Sandra

Le magasin de Sandra, tout petit et tout noir, semblait fumé par le poids du temps passé. On y entrait par une porte voilée d’un rideau de taffetas aux reflets dorés et on était immédiatement happés par l’étouffoir. Les murs disparaissaient sous les tableaux, photographies, cadres et autres assiettes. Horreur parmi les horreurs, des souvenirs mortuaires sous forme de tresses de cheveux sous verre. Inévitablement, je me retrouvais devant une petite natte châtain clair, tressées à quatre brins comme on le fait pour la... [Lire la suite]
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14 février 2007

La valse des chéries

Mon père a vécu pendant dix ans avec Sandra, dans un grand appartement du centre-ville. C’est le record ! Sandra était antiquaire et l’appartement coiffait sa boutique comme un éteignoir sa bougie. C’est du moins ce qui m’apparaissait à l’époque, je trouvais leur vie d’un ennui mortel. Je passais les voir chaque fin de semaine et, une fois par mois, Papa me donnait mon chèque et Sandra ses conseils, judicieux à tout prendre, mais j’avais dix-huit ans… Avant Sandra, il y eut la valse des chéries, ainsi avions-nous baptisé le... [Lire la suite]
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09 février 2007

Ah, les bêtes!

J'ai adopté le virus de la grippe. Je ne fais jamais ça d'habitude, je ne sais pas ce qui m'a pris! Pas la moindre velléité de résistance, pas l'ombre d'une hésitation, en une fraction de seconde l'affaire fut conclue. Il faut dire qu'il errait comme une âme en peine depuis quelques jours déjà, s’attardant sur une poignée de porte, gambadant le long d’un stylo bille, jouant à cache-cache entre les lignes des dictées. Quelques élèves avaient bien tenté de l’emporter chez eux en cachette, sans rien dire à leurs parents, mais le... [Lire la suite]
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03 février 2007

La leçon de Momo

Vingt-trois heures Là, entre deux brins de paille, il y a ton œil doux, ton œil vert, ton œil tout rond qui brille et qui rit. D’ailleurs, je ris moi aussi, et les larmes roulent sur mes joues, Dans ta tignasse couleur châtaigne, des fétus de paille s’entremêlent et te donnent des airs de faune. Un hoquet, on se calme, je n’en peux plus... Dans le noir, tout en bas, on l’entend qui souffle et piétine. Un nouveau fou rire me submerge et tu me renverses dans la paille en m’embrassant dans le cou. Il fait tout noir et... [Lire la suite]
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02 février 2007

La Rose et le Lys

Entre la rose rouge et le paillasson, un petit billet blanc, bien plié en quatre. J’allais enfin savoir qui avait succombé à mon charme fatal ! Je rentrai dans mon studio et pris le temps de m’asseoir. Je voulais profiter au maximum de ma première rose rouge ! Certes, il y avait bien eu Frédéric qui, l’année précédente - nous étions alors en terminale - m’avait apporté tous les matins une rose du jardin de ses parents (enfin, jusqu’à ce que ses parents décrètent ledit jardin zone sinistrée par l’ouragan Levana). Mais, voyez-vous, ces... [Lire la suite]
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01 février 2007

Le hasard frappe toujours trois fois!

J’arrive allègrement dans l’amphi. C’est mon premier cours à la fac et c’est des maths. Je me sens survoltée ! Je m’installe plein centre, dans les rangées du haut. On me dira bien plus tard que c’est la place des chahuteurs qui s’assument. L’espace entre la table et le banc ne me convient pas du tout, le siège de bois est dur mais je suis jeune, même pas mal ! Je jette ma bâche sur le banc (à l’époque, à Dijon, on n’a pas de sac ni de cartable, mais une « bâche » dont le nom à lui seul suffit à évoquer la distinction.), je sors mon... [Lire la suite]
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