Au hasard d'une visite sur le forum de Bulle de Lune, l'autre soir, à la nuit tombée, j'ai vu un ange émerger du passé. Les boucles brunes, les yeux sombres habillés de cils et sourcils fournis, comme des bijoux dans le visage pâle... Il  pourrait être le fils de Simon. Outre le fait que cette chanson me plaît beaucoup avec ses envolées à la Freddie Mercury, sa fraîcheur, sa légèreté swinguée, j'avoue avoir contemplé plus que de raison le visage du jeune et talentueux Mika (Ca sonne  confessions d'une vieille institutrice, non? - mais continuons quand même). http://www.youtube.com/watch?v=uzA0nG_PurQ

Un soir, Simon arriva à l'appartement accompagné d'une splendeur nommée Joana. Des traits d'une finesse extrême, des cheveux dorés qui bouclaient sur ses épaules, des yeux bleu sombre très grands, un peu tombants, un air de madonne, un genre de  Botticelli moderne. Joana, vous le savez peut être, devint quelques années plus tard ma soeur en épousant Misha. Mais nous sommes encore loin de là. On aurait bien pu se demander, ce soir-là, qui était le plus séduit de nous trois par Joana. Je crois bien que ce fut moi et pour être honnête, son physique me troubla. Cela peut paraître étrange de la part d'une amoureuse des hommes comme moi, ou peut-être pas... Je ne pouvais me rassasier de la regarder, tout en elle me paraissait beau, sa finesse et sa blondeur, sa peau dorée et ses yeux si grands.

Elle rejoint rapidement notre trio d'étudiants. Au fil des soirées, nous nous découvrîmes complices, puis amies. Cette amitié-là ne s'est jamais démentie et a résisté à tout. Nous a aidées en tout, aussi.  Son amourette avec Simon dura le temps d'une chanson, puis elles me "prit" Jacques et fut ainsi, indirectement, la cause de ma première déconvenue sentimentale. Jacques, mon alter ego, mon parleur de la nuit, mit fin en avril  à nos interminables discussions nocturnes au profit des bras doux de Joana. Fin d'un amour platonique, premier chagrin d'amour!

Amour platonique..., me direz-vous. Eh bien oui, on était dans les années 80, j'avais dix-neuf ans, des petits amis tant que je voulais (ou presque), mais jamais au-dessous de la ceinture! Je n'en avais jamais eu envie et aucun n'avait pu me persuader d'y aller avec lui. Il faut croire que j'étais peu influençable et très entêtée, la pression, à cette époque, était grande en ce domaine et la virginité se portait très mal passé dix-huit ans.

Il fait beau, si doux ce soir-là! Le grand feu de la Saint-Jean me rôtit le visage et j'ai un peu trop bu. Juste un peu trop pour trouver la musique irrésistible et avoir le coeur qui explode de joie gratuite, le coeur qui bat jusqu'au fond de ma gorge. Simon m'enlace et il sent si bon le foin, le grand air, la sueur fraîche que les larmes me montent aux yeux. Il me dit que je suis belle et qu'il m'aime comme un fou. Sa bouche est douce et tiède, ses cheveux glissent entre mes doigts et ses yeux sont les plus beaux du monde.

Simon fut mon premier amant. Deux fois. Après la mort de Jean, c'est lui encore qui me reconduisit vers la sensualité des hommes. La semaine dernière, je lui ai montré le joli Mika et il a reconnu qu'il y avait un air de ressemblance. Depuis ce temps-là, il a coupé les boucles brunes et grisonne un peu aux tempes. Ses yeux affolent toujours les femmes et ils les aime toujours toutes!  Il est un des quatre piliers de ma sagesse et je lui dois sans doute en grande partie ce goût immodéré que j'ai des hommes bruns aux yeux de braise.