D'abord, on dira qu'hier, j'ai enfin réussi à m'asseoir toute seule. Dans mon lit. Comme une grande fille!!! Ensuite, on dira que ça va beaucoup mieux comme ça pour taper sur un clavier, pour lire, pour manger, pour tout en somme. Enfin, on dira qu'après la grande cabriole, le temps me semble long pour que tout se remette en place. Le physique ne suit plus et je ne sais pas bien si vous pouvez imaginer ce que ça signifie pour moi. Tout au long de ma vie semée ça et là de pilules bien amères, comme toute vie qui hélas se respecte, l'activité physique a toujours été mon ultime recours, ma dernière parade contre la fin. Angoisses, insomnies, crises de panique, la course dans les bois venait à bout de tout, les chevauchées endiablées et extrêmes me ramenaient à un semblant de normalité. L'exténuation m'est un besoin dont il faut que je me passe dorénavant... Triste phrase... Triste constat. Alors, depuis la chute, c'est la chute. Je n'ai plus qu'à supporter ça, immobile dans ce lit. La nuit est le pire, vous le savez bien. Je ne peux plus fuir, me sauver, me faire mal au ventre, m'arracher les jambes, sentir mes poumons en feu et faire pleurer mes yeux de douleur physique. Mes larmes ne sont plus que de douleur morale. Et de dégoût de vivre. Et de dégoût de tout. Mais hier, voyez-vous, j'ai réussi à m'asseoir, toute seule!