Been there done that messed around I'm having fun don't put me down
I'll never let you sweep me off my feet
I won't let you in again
The messages I tried to send
My information's just not going in

Burning bridges shore to shore
I break away from something more
I'm not turned on to love
Until it's cheap

Been there done that messed around
I'm having fun don't put me down
I'll never let you sweep me off my feet

This time baby
I'll be bulletproof
This time baby
I'll be bulletproof

 

 

J'adore marcher dans Dijon, à la nuit tombée, en hiver. Les gens avancent à flot continu, je vois la course régulière de leurs jambes battant la mesure. Cela m'enivre et me subjugue. Est-ce une transe, un phénomène d'autohypnose? Je me laisse glisser à leur suite, tente un débordement par la chaussée quand le trottoir s'encombre, glisse entre les bus, trace mon sillon aléatoire.

A grands pas, j'enfile les ruelles, l'inspiration me guide, ou bien le hasard, allez savoir... Il m'arrivait enfant d'imaginer que les jambes des gens qui marchent faisaient tourner le monde, comme un ours dressé fait tourner la boule sur laquelle son maître l'a forcé à grimper. Je me saoulais de voir le sol défiler sous les semelles de mes chaussures.

Hier soir, la rue des Bons Enfants m'appela tout bas alors que je traversais au pas de charge la place de la Libération. Je ne pus m'empêcher d'investir le musée Magnin, cher à mon cœur. Il est installé dans l'hôtel construit par Etienne Lantin, l’un des plus beaux hôtels particuliers du XVIIe siècle de Dijon. Ce musée doit son existence à deux collectionneurs passionnés, Jeanne et Maurice Magnin (enfants de Joseph Magnin, député, sénateur et ministre). Ils y réunirent un remarquable ensemble de peintures, dessins et objets qu’ils léguèrent à l’Etat en 1938. Selon leurs vœux, ce musée a gardé son aspect de cabinet d’amateur et de demeure habitée. L’originalité de cette collection et son cadre hors du temps en font un de mes lieux de flânerie privilégiés à Dijon.

Hier soir, donc, j'arpentai les parquets craquants, fis le tour de mes merveilles, et finis par m'installer devant ce tableau que je contemplai longuement, une fois de plus, nimbée de la fantastique odeur résinée de Fille en Aiguilles (Lutens), qui se confit puis se goudronne au fil du temps. C'est un type de parfum que j'affectionne particulièrement; il évolue sur la peau, jamais vraiment de la même manière et de parfum devient odeur.

 


PAYSAGE D'HIVER 1

Pieter Brueghel le Jeune (1564-1637/8)
Premier tiers du XVIe siècle
Huile sur bois 
0,36 x 0,57

PAYSAGE D'HIVER 2
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PAYSAGE D'HIVER 3
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PAYSAGE D'HIVER 4